Désiré Nisard ou le mal aimé de l’histoire littéraire
2011
Mariane Bury

Extrait de : "La Construction du grand auteur (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Bergès ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Pierre-François Astor, Gilles Bancarel, Louis Bergès, Alain Boulaire, Mariane Bury, Caroline Casseville, Abdallah Cheikh-Moussa, Gilbert-Robert Delahaye, Anastasia Iline, Anne Marle,

Paris, éditions du CTHS
2011
p. 67-75

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Désiré Nisard (1806-1888) souffre d’une réputation déplorable. Partisan de l’ordre après une jeunesse républicaine et agitée, élu député du centre en 1842, et sénateur en 1867, professeur à la Faculté des lettres de Paris, au Collège de France, à l’École normale supérieure, auteur de nombreux ouvrages, il a exercé une influence intellectuelle considérable, et connu une célébrité paradoxale puisqu’il est devenu l’incarnation dans l’histoire littéraire de la réaction classique la plus systématique, aggravée par son ralliement au Second Empire, qui ne lui sera pas pardonné. Trois textes sont responsables de cette image fixée pour la postérité : le manifeste Contre la littérature facile (1833), les Études de mœurs et de critique sur les poètes latins de la décadence (1834) et Histoire de la littérature française (1844-1851). Devenu une sorte d’anti-Hugo, il était condamné à tomber dans l’oubli. Nous voudrions examiner comment s’est construite l’image négative de Nisard, pourtant attaché aux valeurs de 1789, et critique honnête et rigoureux. Le cas de Nisard apparaît à la fois comme symptomatique et exemplaire des difficultés et des contradictions de cette époque où l’on redéfinit la littérature dans ses rapports avec la société.