Les parcs agroforestiers du Pays dogon, des paysages entre héritage et mutation rapide
2011
Aude Nuscia Taïbi, Aziz Ballouche, Benjamin Dolfo, Adrien Plassais et Mustapha El Hannani

Extrait de : "Le Paysage d'aujourd'hui à hier, d'hier à aujourd'hui (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Trochet
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Aziz Ballouche, Egle Barone Visigalli, Françoise Bayard, Marc Benoît, Delphine Bousquet, Martine Camiade, Anne Combaud, Jeanne Cornuet, Benjamin Dolfo, Mustapha El Hannani, Faïza Khebour Allouche, Fabien Knittel, Jean-Pierre Lacombe-Massot, Sylvie Le Clech-Charton, Alain Marre, Dominique Pargny, Adrien Plassais, Aude Nuscia Taïbi, Yves Truel, Jean-Roger Wattez
2011
p. 97-109
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Les paysages de savane du Pays dogon au Mali, comme tous ceux des régions soudano-sahéliennes, sont fortement anthropisés et sont le fruit des relations entre les hommes, avec leur culture, leur vécu, leurs savoir-faire, leurs pratiques, leurs technologies, d’une part, et les formes, les potentialités et les contraintes de leur environnement, d’autre part.
Mais, loin d’être de simples héritages fossiles ou des reliques, ces paysages, fruit de l’histoire, sont vivants et conservent un rôle social actif dans la société contemporaine, étant étroitement associés au mode de vie dit traditionnel et dans lequel le processus évolutif continue.
Ces paysages végétaux soumis à de fortes pressions ces dernières décennies, sous l’impact de sécheresses récurrentes et de profondes mutations socio-économiques, se transforment rapidement. On observe ainsi la mutation des parcs arborés avec le développement des parcs à Faidherbia albida au détriment des parcs anciens composites à karité ou à Prosopis qui connaissent un recul assez important.
Fréquemment qualifiés de dégradation (ou désertification) dans ces régions, les processus d’évolution actuels de ces paysages nous semblent plutôt relever de la création de nouveaux équilibres dynamiques complexes entre milieux et sociétés dans le cadre de stratégies d’adaptation et de résilience.