Du rempart au boulevard : charge symbolique et perception de l’enceinte à Paris, d’Henri IV à Louis XIV
2011
Yoann Brault

Extrait de : "Paysage de force et plaisir du paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
2012
p. 31-46
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, l’enceinte structure en profondeur l’identité de la ville car elle l’inscrit dans l’espace et dans le temps. Une rupture épistémologique décisive s’opère néanmoins avec la décision prise par le roi, en 1670, de supprimer l’anneau de fortifications qui enveloppe sa capitale et de le remplacer par un cours planté réservé à la promenade. Or, succédant aux anciens murs, cet ensemble de boulevards, qualifié d’enceinte, véhicule un discours symbolique nouveau dont l’élaboration est en cours depuis le règne d’Henri IV. Celui-ci n’a pas vocation à célébrer l’antiquité de la ville, sa richesse et sa force, mais la puissance du souverain, dispensateur de paix et soucieux du bonheur de ses sujets. Le geste de Louis XIV manifeste également l’ambition impérialiste du régime : l’aménagement de cette promenade équivaut à un rituel de refondation de la ville, au moyen de laquelle on tente d’associer le roi et Auguste, Paris et Rome.