« Le paysage défensif en Iran médiéval à travers les géographes arabes et persans, VIIIe-XIIe siècle »
2012
Camille Rhoné

Extrait de : "Paysage de force et plaisir du paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
2012
p. 139-156
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À partir de la conquête arabo-musulmane aux VIIe-VIIIe siècles, l’Iran forme, à l’est, la partie la plus avancée du Dâr al-Islâm face à un territoire conçu et représenté comme ennemi. Les textes géographiques arabes et persans, issus d’élites d’États sédentaires, témoignent d’un intérêt variable pour les questions de défense militaire face aux nomades infidèles des steppes turco-mongoles. Cet intérêt dépend de la période concernée, mais aussi de l’identité et de la fonction des auteurs et de la nature de leurs ouvrages. Les descriptions de fortifications sont un élément classique de ces sources, qui produisent un paysage réel de la défense. La frontière, parfois symbolisée de façon linéaire, même si elle renvoie surtout à des zones de confins mal définis, est perçue comme le lieu où se cristallise un paysage de la menace, essentiellement turque. L’ennemi – naturel (le sable) ou humain (les auteurs de raids) – fragilise des régions au climat et au relief difficiles. En outre, la mauvaise connaissance de confins flous et la fascination pour le légendaire laissent une large place chez certains auteurs au merveilleux, créant en sus un paysage mental de la défense militaire.