Les stylites syriens (Ve-VIe siècles) entre cultes locaux et pèlerinages « internationaux »
2012
Jean-Pierre Sodini

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 5-23
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Saint Syméon fut le premier ascète à s’installer sur une colonne, sur le site appelé aujourd’hui Qal’at Sem’an. Il connut une très grande renommée et créa un pèlerinage qui attirait les foules. Parmi les souvenirs ou « eulogies » offerts aux pèlerins, des jetons décorés à son effigie furent les plus répandus. À sa mort, sa dépouille fut transportée à Antioche et l’on érigea autour de sa colonne un gigantesque centre de pèlerinage. Plusieurs disciples se réclamèrent de lui dont le plus célèbre, Daniel, bâtit une colonne près de Constantinople et devient un familier des empereurs Léon et Zénon, ainsi que le pilier de l’orthodoxie chalcédonienne. Les autres disciples, regroupés en bonne part dans le Massif calcaire, vénéraient le premier stylite en imitant sa vie et sans produire de symboles propres de leur culte. C’est alors qu’apparut, près de Séleucie de Piérie, Syméon du Mont Admirable qui imita la vie de son homonyme, reproduisit pour son sanctuaire le plan de Qal’at Sem’an et utilisa la même iconographie sur le même type de jeton, sans qu’à aucun moment de sa Vie ne soit mentionné celui qu’il copiait. Cette quasi-substitution s’explique sans doute par la domination au vie siècle dans le massif calcaire des moines monophysites qui découragent par leur violence les chalcédoniens de fréquenter le sanctuaire du premier stylite.