L’esquisse d’un guide du pèlerin. Les miracles de saint Philbert
2012
Claude Bouhier

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 25-30
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les Miracles de saint Philbert se présentent en deux parties : les miracles survenus pendant la translation des reliques de Noirmoutier à Déas (Saint-Philbert-de-Grand-Lieu), ceux survenus au début de leur installation dans l’église du lieu. Une Vie du saint précède les Miracles et les introduit en quelque sorte. L’ensemble a été rédigé dans un espace de temps court – de 836 à 838 – et dans le dessein de lancer le pèlerinage de Déas.
Ermentaire, l’auteur, avait été moine à Saint-Germain-des-Prés sous l’abbé Irminon, celui du fameux Polyptique, merveille d’inventaire des possessions du monastère, un gigantesque fichier. Or, Ermentaire fait lui aussi des fiches pour chaque miracle. La succession des miracles suit un développement géographique, il les truffe d’indications topographiques pour faciliter l’arrivée des pèlerins jusqu’à Déas. Les routes maritimes et terrestres sont évoquées. Si on met à part ces seules indications, on obtient une esquisse de guide du pèlerin. Fut-ce fait de propos délibérés par l’abbé Hilbod et par Ermentaire. Il semble bien que les vues de l’abbé étaient ambitieuses, à Déas même où l’accueil du pèlerin dans l’église et à la porte du monastère était conçu pour des foules, elles l’étaient également en s’assurant l’assistance de deux autres monastères, Vern non identifié et Vertou aux nombreuses possessions. La donation de Scobrit (Saint-Viaud) en 838 facilita le pèlerinage des Bretons.
L’attaque des Normands contre Nantes en 843, l’incendie du monastère en 847 et le second transfert des reliques à Cunauld en 858 ruinèrent le pèlerinage.