Peregrinus : l’hospitalité spécialisée sur le chemin de Saint-Jacques (850-1150)
2012
Adeline Rucquoi

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 31-47
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Depuis le Haut Moyen Âge, des institutions, monastiques en particulier, accueillent les voyageurs le long des chemins ; en 951, l’évêque Godescalc du Puy le fut à Saint-Martin d’Albelda. Mais ces peregrini qui figurent aux côtés des pauperes sont-ils déjà des « pèlerins » ?
Une étude approfondie, à partir des sources de l’époque, des lieux d’accueil situés en Espagne sur la route qui mène à Compostelle montre une évolution du terme. Englobant souvent au Xe siècle l’ensemble des « étrangers » ou « voyageurs », le terme se spécialise progressivement au cours de la première moitié du XIe siècle. À partir des années 1060, la multiplication des hôpitaux et auberges destinées aux peregrini, viatores, mercatores et pauperes, témoigne de l’accroissement du nombre de voyageurs et la mise en place d’une politique royale et ecclésiastique d’assistance à ces étrangers. Mais rares sont les cas où il est spécifié qu’il s’agit bien de « pèlerins », quoique le Christ du Tu solus peregrinus de Silos porte besace et coquille.