Pèlerinages et nouveaux offices liturgiques, ou comment instrumentaliser le plain-chant
2012
Florence Mouchet-Chaumard

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 67-78
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le pèlerinage n’a pas toujours eu au Moyen Âge une destination aussi célèbre que Saint-Jacques-de-Compostelle. Il peut se limiter à l’échelle régionale, engendrant cependant d’importants mouvements de population à l’occasion de la fête du saint vénéré, ou pour d’autres moments considérés comme festifs, comme la translation de ses reliques. Même à cette échelle, le pèlerinage représente cependant une manne non-négligeable pour l’économie régionale : il était donc tentant d’attirer le plus grand nombre possible de fidèles, notamment par le développement d’une liturgie spécifique à chaque saint, afin de renforcer la dignité de leur culte. L’élaboration de nouvelles messes et offices à destination des saints locaux se développe ainsi considérablement à partir du Xe siècle, en raison notamment d’une concurrence acharnée entre les lieux de culte et les sanctuaires. En nous appuyant sur le cas de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges, et plus particulièrement sur les offices créés pour sainte Valérie, l’une des premières converties par les prêches martialiens, nous verrons dans quelle mesure la liturgie, et l’élément musical qui l’accompagne, a pu favoriser la venue des pèlerins, en témoignant du prestige du sanctuaire.