Le voyage de pèlerinage aux XIVe et XVe siècles : essence du voyage, voyage des sens
2012
Annie Saunier

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 179-191
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À partir de récits de voyages en Terre sainte rédigés aux XIVe et XVe siècles (Symon Seméonis, Guillaume de Boldensele, Ludolph de Sudheim, Nompar de Caumont, Louis de Rochechouart, un anonyme dit « de Rennes », les Adorno et le récit longtemps attribué à Claude de Mirebel), nous nous efforcerons de montrer, à un moment où le grand phénomène des croisades demeure certes encore un souvenir vif, et alimente des projets souvent utopiques de nouveaux « grands passages », en quoi ces entreprises à motivation religieuse prennent, en cette fin du Moyen Âge, valeur de voyage idéal. Elles entraînent leurs acteurs loin de chez eux, et parfois loin d’eux-mêmes, les jettent sur les routes terrestres et maritimes au risque de dangers non-négligeables, qu’ils soient le fait des hommes ou de la nature. Elles englobent les diverses facettes de la piété et de la spiritualité, bien évidemment, mais aussi le goût de la découverte d’autres mondes exotiques : paysages et climats, faune et flore, et la recherche, certes encore timide, de contacts humains avec des individus ou des populations de religions et de civilisations, de mœurs et coutumes différentes. Au delà de cette nature « essentielle » du voyage, nous tenterons d’approcher la part que laissent ces voyageurs à l’expression de leur sensibilité et de leur sensualité utilisées comme moyens d’appréhension et de connaissance de ce monde longtemps rêvé et imaginé au travers de leur formation et de leurs lectures, avec lequel ils entrent en sympathie en dépit des aléas parfois violents qu’ils doivent affronter.