Compostelle 1884-2004 : un phénomène contemporain vu de France
2012
Louis Mollaret

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 209-218
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Compostelle fut un pôle de la chrétienté médiévale, quasiment oublié au XIXe siècle. Son histoire a été embellie par les érudits et les prêtres de la fin du XIXe siècle qui pensaient avec nostalgie à son lustre définitivement perdu. Léon XIII l’a sauvée en y reconnaissant la présence des restes de saint Jacques. Un siècle plus tard, Jean-Paul II lui donnait un nouvel élan. Mais Compostelle est bien plus qu’un pèlerinage. Sa place politique en Espagne lui a fait jouer un rôle dans les relations diplomatiques franco-espagnoles. Et surtout, poussés par des associations rêvant de la chrétienté médiévale, des hommes politiques en ont fait un symbole pour intégrer l’Espagne dans la construction européenne. N’y avait-il pas contradiction entre la promotion d’un chemin symbolique et son exploitation touristique ? Le pèlerinage contemporain répond à un besoin de la société insoupçonné de ses promoteurs. Mais l’accent mis sur le balisage de chemins est trop réducteur. Une autre ambition est possible.