Le pèlerinage des pays d’oc à Lourdes : un ressourcement historique
2012
Hervé Terral

Extrait de : "Le Pèlerinage de l'Antiquité à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction d'André Vauchez
130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Textes de Claude Bouhier, Diane Carron, Nicolas Champ, Andrée Dagorne, Laurent Durnecker, Jean Flouret, Pierre-Gilles Girault, Florence Mouchet-Chaumard, Gilberte Genevois, Humbert Jacomet, Sylvie Miaux, Louis Mollaret, Micheline Mouradian, Renaud Mousty, Denise Péricard-Méa, Adeline Rucquoi, Annie Saunier, Mary Sainsous, Jean-Pierre Sodini, Hervé Terral
Éditions du CTHS
2012
p. 237-242
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En 1958, l’abbé Joseph Salvat (1889-1972) lance le « pèlerinage des pays d’oc à Lourdes » – toujours actuel (dernière semaine de Pâques).
Le point de départ est pour Salvat un constat à ses yeux indubitable : la Vierge est apparue deux fois en France dans la même période, à La Salète d’abord (1846), puis à Lourdes (1858), et les deux fois elle a parlé en langue d’oc aux plus humbles. Les populations occitanes doivent témoigner en retour de leur foi, particulièrement à l’occasion du centenaire lourdais.
Ce disant, ce pèlerinage s’inscrit dans l’histoire récente tout d’abord, puisque Salvat construit son projet en bénéficiant du soutien explicite de l’évêque de Tarbes et Lourdes, monseigneur Théas, en compagnie duquel il connut les geôles au printemps 1944 ; dans l’histoire contemporaine ensuite, puisque dès 1913 un semblable projet fut porté dans la mouvance du félibrige par la poétesse bigourdane Philadelphe de Gerde et le majoral languedocien Albert Arnavielle ; et enfin dans l’histoire médiévale, puisque Salvat ne manque pas de rappeler la fondation de la « Très Gaie Compagnie du gai savoir » à Toulouse (1323), et le culte marial conjoint de la Vierge Marie, célébrée par le poète Arnaut Vidal, premier lauréat de ladite Compagnie.