À propos du paysage chez les gromatiques romains (Corpus agrimensorum Romanorum de Lachmann)
2012
Jean-Yves Guillaumin

Extrait de : "Les Outils de représentation du paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Cécile Souchon
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Stéphane Blond, Charles-André Buffet, Colette Bourrier-Reynaud, Juliette Dumasy, Jean-Yves Guillaumin, François Legouy, Yvonne-Hélène Le Maresquier-Kesteloot, Anne-Gaël Noussan, Mauricio Onetto Pavez, Diana Ospina, Monique Pelletier, Judicaël Petrowiste, Cécile Souchon, Ilona Woronow.
Éd. du CTHS
2012
p. 33-43
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le système de l’arpentage romain, qui se développe dans les traités conservés mais aussi sur le terrain (in re praesenti), fait un grand usage de marqueurs divers (signa, « signes »), répondant à des dénominations techniques, pour la définition et l’organisation des paysages. L’arpenteur, ainsi constitué en véritable sémiologue, construit ou maintient des paysages figés à forte valeur identitaire, revendiquée par les textes « gromatiques ». Par ailleurs, le rejet et la marginalisation de certains de ses éléments (marais, montagne...) au bénéfice des seuls loca culta, en même temps qu’ils témoignent de la volonté d’efficacité qui préside aux résolutions des décideurs de l’époque, signent l’accession du paysage décrit par les traités à une certaine forme d’idéalité. C’est ainsi que les agrimensores contribuent à dire et à établir une anthropisation des paysages dont les traces persistent jusqu’à nos jours.