France-Amérique : "Voyage en Icarie" (1848-2009) ou la tentation identitaire 
2012
Véronique Mendès-Geffroy

Extrait de : "Le peuplement européen des Amériques (xviie-xxe siècle) "
Sous la direction de Alain Faure ; 133e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec 2008

Marylin Bernard, Christiane Demeulenaere-Douyère, Anne Rothenbülher, Valérie Paireau, Claudy Valin, Nadège Sougy, Esther Pelletier, Olivier Hutet, Augustin Roland D’Almeida, Véronique Mendès-Geffroy, Gérard Lafleur, Josianne Paul, Jean-François Michel, Samsonette Cosserat, Pierre Jambard, Valérie Feschet, Claude Fagnen, Marie-Noële Denis, Jean-Yves Puyo
Pars, éditions du CTHS
2012
p. 183-197

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Le 3 février 1848, 69 Français quittent Le Havre. Ils naviguent vers Icarie, une société utopique qu’ils veulent fonder en Amérique. La traversée de l’Océan Atlantique est alors le rite de passage du changement identitaire : ils partent Français et arrivent Icariens. Un conte, Voyage en Icarie, écrit par Étienne Cabet était leur modèle social. Certains revinrent en France. D’autres profitèrent de l’accueil de la colonie pour s’intégrer en Amérique et y faire carrière. La deuxième génération d’Icariens, anglophone, entra en conflit avec les fondateurs des colonies icariennes qui eux, durent intérioriser toutes les privations et subir l’acculturation. Au total, les Icariens furent 2 500, ayant donné naissance à sept colonies parfois en conflit entre elles. La dernière communauté icarienne fut dissoute en 1898. Aujourd’hui, les arrière-petits-enfants d’Icariens se sont regroupés en association et revendiquent, en tant qu’Américains, leurs origines franco-icariennes. Les cimetières icariens, restaurés en 2005, sont le lieu de la mémoire collective icarienne.