Le paysage épique médiéval et sa réception moderne
2012
Alain Corbellari

Extrait de : "Le Paysage rural au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Guilleré
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Clara Almagro Vidal, Alain Corbellari, Vincent Corriol, Camille Fabre, Pierre Gresser, Pierre-Henri Guittonneau, Thomas Labbé, Dominique Laurent, Yannick Miras, Violaine Nicolas, Frédéric Surmely
Éd. du CTHS
2012
p. 9-15
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les chansons de geste ne connaissent pas à proprement parler la notion de paysage, mais évoquent des lieux et des atmosphères qui en permettent une certaine appréhension géographique, essentiellement verticale, qui s’oppose à l’horizontalité, plus proche déjà du paysage moderne, que privilégient à la même époque les romans arthuriens. Le modèle promu par ces derniers supplantera progressivement le modèle épique. Au XIXe siècle et au début du XXe, les médiévistes français, mus par des intentions patriotiques très claires, exalteront la chanson de geste comme le genre fondateur de leur culture nationale et en interpréteront les éléments géographiques dans l’idée de reconstituer une sorte de paysage idéal de la France médiévale. On cherche à déterminer ici en quoi cette lecture a pu déterminer notre vision du genre épique.