Perception et évolution d’un paysage montagnard au Moyen Âge : le haut Jura (XIIe-XVIe siècle)
2012
Vincent Corriol

Extrait de : "Le Paysage rural au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Guilleré
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Clara Almagro Vidal, Alain Corbellari, Vincent Corriol, Camille Fabre, Pierre Gresser, Pierre-Henri Guittonneau, Thomas Labbé, Dominique Laurent, Yannick Miras, Violaine Nicolas, Frédéric Surmely
Éd. du CTHS
2012
p. 53-65
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La forêt occupe une place écrasante dans le paysage mental jurassien du Moyen Âge, jusqu’à donner son nom au massif et à la région. Omniprésente sous la plume des moines de l’abbaye de Saint-Oyend (Saint-Claude), détenteurs d’une vaste part de la montagne jurassienne, elle constitue dans cette vision monastique du désert un espace sauvage et inconnu, fortement répulsif, qui ne peut acquérir une valeur que par son défrichement et sa mise en culture. Les paysans jurassiens en ont pour leur part une perception différente : terrain de parcours, la forêt occupe dans leur économie quotidienne une place importante, qui tend à s’accroître avec le développement de l’élevage au cours des XIVe et XVe siècles. L’évolution du vocabulaire reflète une nouvelle organisation du paysage rural qui, au binôme forêt/champ, ajoute un troisième espace qui occupe une place croissante, celui des terrains de parcours semi-défrichés, pâtures où l’arbre demeure omniprésent. Se met alors en place un paysage agropastoral dont on peut lire, encore aujourd’hui, les vestiges.