On est tous dans le brouillard. Essai d'ethnologie urbaine
Réédition établie par Catherine Choron-Baix - 2012
Pétonnet, Colette
ISBN : 978-2-7355-0779-5
544 p. | 12 x 18,5 cm | ill. | br.
Collection : CTHS Format - Réédition établie par Catherine Choron-Baix
N° dans la collection : 70
Code Sodis : F30844.7
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Ce texte est le résultat de l'une des premières enquêtes comparatives menées auprès des Français et immigrants de la région parisienne dans les années 70-80.
En partant à la rencontre des gens sur le terrain mouvant de leurs habitats successifs, des bidonvilles aux "non-lieux" des cités de transit, Colette Pétonnet est parvenue à scruter la teneur intime, cachée de réalités sociales communément décriées.
Elle s'est intéressée aux parcours, départs, et cassures qui forment des individus au-delà de leurs multiples appartenances.
Novatrice à bien des égards, son oeuvre continue d'inspirer de nombreux travaux, ceux qui se font en ville mais aussi ceux qui prennent la ville pour objet, à travers l'étude de ses espaces, de ses équipements, à travers les manières de l'habiter, de la représenter, de la rêver.


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Comptes rendus parus dans la presse :
Métropolitiques
21/05/2013 - Thierry Paquot
Compte rendu
Extraits du compte rendu de Thierry Paquot, du 13 mars 2013.

L’anthropologue Colette Pétonnet nous a quitté en novembre 2012. Thierry Paquot revient sur son travail, d’écoute patiente et d’observation attentive, captant l’ordinaire si changeant de la « condition urbaine ».

"On est tous dans le brouillard (éditions du CHTS, 2002 et réédition en « poche » chez le même éditeur en 2012) est un chef d’œuvre de la littérature anthropologique (publié d’abord en deux volumes par Galilée, On est tous dans le brouillard. Ethnologies des banlieues en 1979 et Espaces habités. Ethnologie des banlieues en 1982) qui a considérablement influencé les anthropologues qui ne partaient pas à l’autre bout du monde, mais exploraient des « mondes » à deux pas de chez eux. Ne sachant comment nommer la population qu’elle a étudiée pendant cinq ans dans la banlieue sud de Paris – donc principalement des Espagnols et des Portugais –, Colette Pétonnet écrit « les gens », faute de mieux (« prolétaires », « pauvres », « marginaux » ?) et précise : « Toutes les informations nous sont parvenues directement, sans intermédiaire. Pour éviter d’établir des relations sur une base faussée, nous nous sommes abstenus de toute intervention, de toute action pouvant prêter à confusion. Nous avons accordé aux faits et aux gestes des gens autant d’importance qu’à leur parole, acceptant tout ce qui nous était donné de voir et d’entendre, sans forcer les retranchements, sans questionnement, selon la méthode artisanale, lente, du déchiffrement ethnologique. Car toute leur manière d’être est un langage que ce livre essaie de restituer ». Cette incroyable écoute lui permet de décrypter les douleurs, les silences, les hésitations, aussi bien le langage du corps que l’agencement des meubles dans les pièces. Tout parle, d’une certaine façon... Et quand une Espagnole lui confie qu’elle est devenue française, car elle ne chante plus en faisant son ménage, c’est bien plus qu’une donnée, c’est rendre intelligible ce qui, d’ordinaire, est tu."

Article intégral sur
http://www.metropolitiques.eu/Une-anthropologue-en-ville-Colette.html