Oulan Bator paysage urbain, ou penser la ville au pays des nomades
2012
Typhaine CANN

Extrait de : "Analyse culturelle du paysage : le paysage comme enjeu (édition électronique)"
Sous la direction de Sergio Dalla Bernardina ; 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010

Sergio Dalla Bernardina, Typhaine Cann, Christine Romero, Coline Morice, Shantala Morlans, Sylvie Baron, Florence Ménez, Catherine Caille-Cattin, Jan Berting, Aitzepa Leizaola, Miren Egana, Matteo Rivoira

Paris, éditions du CTHS
2012
p. 14-20

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La vie à Oulan Bator est un spectacle paradoxal, qui trahit la difficulté des Mongols à vivre la ville. La sédentarité pose à ses habitants un problème de représentation de soi. Les Mongols ne vivent plus d’autosuffisance, ils consomment plus et produisent plus de déchets. La pollution atteint des seuils alarmants. Représentations officielles et vernaculaires du rapport à l’environnement se heurtent autour de la manière de penser le déchet. Le corps scientifique, les autorités et les médias sonnent l’alerte, insistant sur le contraste flagrant entre l’image d’un peuple en harmonie avec la nature d’un côté, celle d’individus s’adonnant à la rapine et à la mendicité de l’autre. Or ce paysage urbain, marqué par l’histoire, est aussi le miroir dans lequel se reflète la société. Les prises de parole qu’il suscite font le va-et-vient entre alerte environnementale et critique sociale. Interroger ces discours fait apparaître la pluralité de ses significations, au regard de la tradition.