D’un pittoresque inhumain : le paysage américain dans le Voyage autour du monde de Louis-Isidore Duperrey (1822-1825)
2012
Nathalie Vuillemin

Extrait de : "Le Paysage à travers les voyageurs et les écrivains (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Bergès et Martine François
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Nathalie Caradec, Colette Jourdain-Annequin, Annie Lagarde-Fouquet, Jean-Loup Lemaitre, Tommaso Meldolesi, Samuel Thévoz, Gabriel-Robert Thibault, Nathalie Vuillemin
Éditions du CTHS
2012
p. 13-23
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au début du XIXe siècle, sous l’influence d’Alexander von Humboldt, les voyageurs européens en Amérique, notamment les savants, privilégieront pour la description des paysages la forme du tableau, alliant l’appréhension esthétique de la nature et son analyse scientifique. Les écrits de Louis-Isidore Duperrey, René Lesson, Jean-Sébastien Dumont d’Urville, savants qui participèrent au voyage scientifique de circumnavigation de La Coquille entre 1822 et 1825, témoignent d’une pratique du paysage qui, inspirée d’abord essentiellement par la dimension esthétique des tableaux à travers lesquels ils lisent le paysage américain, évoluera rapidement vers la recherche d’une cohérence interne des différents sites parcourus. C’est peut-être au moment où l’histoire de la nature semble se détacher irrémédiablement de l’histoire de l’homme que peut surgir le paysage authentique, dont l’existence ne semble pas redevable du cadre que lui impose le regard des voyageurs.