Le paysage dans l’Iter Helveticum de dom Calmet (1748)
2012
Jean-Loup Lemaitre

Extrait de : "Le Paysage à travers les voyageurs et les écrivains (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Bergès et Martine François
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Nathalie Caradec, Colette Jourdain-Annequin, Annie Lagarde-Fouquet, Jean-Loup Lemaitre, Tommaso Meldolesi, Samuel Thévoz, Gabriel-Robert Thibault, Nathalie Vuillemin
Éditions du CTHS
2012
p. 45-59
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Ce bref survol de l’Iter Heleveticum de dom Calmet et dom Fangé montre que, sans y attacher une grande importance, ils ne négligent pas complètement les paysages qu’ils peuvent voir lors de leur court voyage en Suisse alémanique, même si certaines remarques, comme celles qui concernent l’Aare, sont manifestement empruntées à des lectures et ne sont pas des notes de voyage. C’est surtout l’aspect oro-hydrographique qu’ils retiennent, avec le caractère agréable ou sauvage des lieux en question. L’Iter Helveticum appartient, ou veut appartenir, à un genre bien défini, celui du journal de voyage savant. Si l’on feuillette les journaux qui l’ont inspiré, on constate que de telles notations sont inexistantes. Il n’y a rien de tel chez Mabillon ou chez Montfaucon, quelques notations indigentes chez Martène et Durand, de ce genre, entre Kornelimünster et Gladbach : « Le pays est assez beau et on trouve de deux lieux en deux lieux de petites villes, qui sont un agrément pour les voyageurs. » Rien non plus dans le journal du voyage fait en Champagne par dom Guyton, un cistercien, entre 1744 et 1749... Il importait aussi d’attirer l’attention sur ce journal de voyage, qui a certes souffert de la concurrence des journaux des mauristes, plus conséquents matériellement, plus accessibles pour ceux de dom Martène et de dom Durand, car rédigés en français, mais peut-être aussi parce que la Suisse, malgré ses riches abbayes, n’a pas le prestige de Rome et de l’Italie.