Les seuils du paysage : la culture française de l’exploration du Tibet
2012
Samuel Thévoz

Extrait de : "Le Paysage à travers les voyageurs et les écrivains (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Bergès et Martine François
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Nathalie Caradec, Colette Jourdain-Annequin, Annie Lagarde-Fouquet, Jean-Loup Lemaitre, Tommaso Meldolesi, Samuel Thévoz, Gabriel-Robert Thibault, Nathalie Vuillemin
Éditions du CTHS
2012
p. 61-72
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les explorateurs décrivent-ils les régions inconnues de la planète en termes de paysage ? De quel paysage parle-t-on dès lors ? Cet article désire apporter des éléments de réponse par l’analyse des récits des explorateurs français au Tibet. En effet, ces récits relatant la traversée des dernières terrae incognitae de l’histoire de la découverte du monde ne peuvent se comprendre indépendamment de la culture paysagère que partagent les auteurs. Or, s’il faut évoquer une tradition esthétique liée à la description de la montagne notamment, il convient avant tout de rapporter leurs descriptions du paysage tibétain tant à un contexte épistémologique spécifique qu’à leur expérience paysagère propre, aux franges du monde connu. L’évolution de la notion de milieu en géographie et en anthropologie en France agit directement sur les représentations des explorateurs. Par ailleurs, la découverte de paysages jamais décrits et la situation interculturelle qui caractérise leurs voyages amènent les voyageurs à penser en des termes nouveaux leur relation au paysage. Ainsi, la notion même de paysage, si elle demeure signifiante, doit pourtant être reconsidérée en fonction de sa porosité même, de son ouverture possible, en fonction de l’histoire, en fonction des sujets, sur des actualisations nouvelles.