Transformations et intériorisations du paysage en chemin de fer
2012
Tommaso Meldolesi

Extrait de : "Le Paysage à travers les voyageurs et les écrivains (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Bergès et Martine François
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Nathalie Caradec, Colette Jourdain-Annequin, Annie Lagarde-Fouquet, Jean-Loup Lemaitre, Tommaso Meldolesi, Samuel Thévoz, Gabriel-Robert Thibault, Nathalie Vuillemin
Éditions du CTHS
2012
p. 93-105
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La perception du paysage, au lendemain de la révolution industrielle, prend des traits intéressants au sein de la littérature de voyage. Le chemin de fer imprime à la société une accélération sans précédent. Les passagers se retrouvent face à des paysages qui changent sans cesse avant de disparaître. En France et en Europe, on assiste, grâce au chemin de fer, à une contraction des espaces, voire à un raccourcissement incroyable des distances. La représentation des images en mouvement a lieu à partir d’une fenêtre mobile, ce qui suscite tout d’abord des réactions de surprise et d’émerveillement. L’augmentation progressive de la vitesse du rail pose le voyageur face à l’éclatement des lieux, qui paraissent s’éparpiller partout où il pose son regard hors de la fenêtre du convoi. Cela mène à un sentiment de frustration chez le passager, qui n’arrive pas à saisir la totalité des images défilant devant son regard et, par conséquent, à la manifestation de troubles de la conscience chez de nombreux voyageurs entre le XIXeet le XXe siècle. En littérature, les auteurs les plus représentatifs à ce sujet sont, entre autres, Nerval, Gautier, Hugo, Gastineau, Verne, Flaubert, Maupassant, Verlaine, Pascoli, Verga, Svevo et Pirandello.