De la théologie à l’humanisme : la parade des grandes vertus (XVIe siècle)
2012
Pierre Michelin

Extrait de : "Images, textes et concepts (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes d'Anne-Marie Barbier, Pascal Barraillé, Matthieu Dubost, Julie Féougier, Robyn Fréchet, Marita Gilli, Éric Hold, Sandrine Krikorian, Yuan-Ju Li, Jean-Jacques Lucas, Tommaso Meldolesi, Pierre Michelin, Nicolas Reveyron, Klaus Speidel, Roger Texier
Éditions du CTHS
2012
p. 73-83
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le début du XVIe siècle voit l’arrivée en France d’images inattendues. Soudain, les plus hauts personnages arborent comme des trophées, sur le mausolée de leur famille, ces figures emblématiques créées sur des modèles et dans des matériaux rapportés d’Italie : les statues de quatre jeunes femmes élégantes, censées symboliser les qualités revendiquées. En lieu et place des saints protecteurs traditionnels et des dévotions convenues apparaissent les quatre vertus dites « cardinales », série formalisée par saint Thomas d’Aquin au XIIIe siècle : la Force, la Tempérance, la Prudence, la Justice. Le retentissement de ces images nouvelles est inversement proportionnel au petit nombre des exemples notoires. Les plus connus sont aujourd’hui conservés sous forme de statues (Nantes, Saint-Denis...), ou sur bas-reliefs sculptés un peu plus tard. Ces représentations, leurs attributs identifiants et leurs emplacements respectifs expriment la vision nouvelle du monde, non plus théo-logique, mais anthropo-logique.