Dispositif pictural et problèmes de narration : l’exemple de La Libération de saint Pierre par l’ange de David II Teniers
2012
Klaus Speidel

Extrait de : "Images, textes et concepts (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes d'Anne-Marie Barbier, Pascal Barraillé, Matthieu Dubost, Julie Féougier, Robyn Fréchet, Marita Gilli, Éric Hold, Sandrine Krikorian, Yuan-Ju Li, Jean-Jacques Lucas, Tommaso Meldolesi, Pierre Michelin, Nicolas Reveyron, Klaus Speidel, Roger Texier
Éditions du CTHS
2012
p. 85-92
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Surpris par le tableau La Libération de saint Pierre par l’ange (1642 et 1647-1648) de David II Teniers, où le sujet religieux est traité au second plan et comme un détail sans que ce geste soit justifié par les Écritures, nous avons recherché des précédents formels de la peinture en question. À partir d’analyses proposées pour certaines des peintures de Joachim Patinir et Pieter Aertsen et d’une réflexion sur la narration picturale, nous pouvons expliquer le geste de David II Teniers. Il y croise le sujet de La Libération de saint Pierre par l’ange avec l’« inversion maniériste » pour transformer le récit biblique. Teniers met ainsi en œuvre un procédé pictural qui surprend le spectateur pour l’entraîner dans une réflexion sur la vie pieuse et le danger de se perdre dans des occupations profanes. Notre analyse, qui établit un lien organique et essentiel entre la partie profane du tableau et sa partie religieuse, s’oppose ainsi aux interprétations courantes selon lesquelles le sujet religieux figurerait simplement comme prétexte pour traiter un sujet profane, autant qu’à celles qui y voient un surplus amusant sans lien profond avec le reste du tableau.