Images et imageries du voyageur en chemin de fer
2012
Tommaso Meldolesi

Extrait de : "Images, textes et concepts (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes d'Anne-Marie Barbier, Pascal Barraillé, Matthieu Dubost, Julie Féougier, Robyn Fréchet, Marita Gilli, Éric Hold, Sandrine Krikorian, Yuan-Ju Li, Jean-Jacques Lucas, Tommaso Meldolesi, Pierre Michelin, Nicolas Reveyron, Klaus Speidel, Roger Texier
Éditions du CTHS
2012
p. 155-161
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Les nouvelles technologies, dès la seconde moitié du XIXe siècle, favorisent la création d’images et, par conséquent, d’imageries. Celles-ci, par leur pouvoir d’attraction, éloignent souvent les hommes de la réalité quotidienne. Les effets de la vitesse croissante qui caractérise le voyage en train retentissent dans l’âme du voyageur. Grâce à la puissance des images en mouvement, le passager en chemin de fer devient spectateur d’un monde en décomposition permanente qui se présente à ses yeux par des entassements d’images difficiles à mémoriser. Le voyageur se construit à partir des imageries du réel en mouvement correspondant à ses inquiétudes les plus profondes. Cette construction peut provenir d’une seule source d’images et provoquer des visions surnaturelles (Maupassant) ; elle survient également quand un lien direct s’établit entre le chemin de fer et le cinéma (Cendrars, Apollinaire ou Delluc). Enfin, la création de véritables imageries mouvantes a lieu quand l’espace du voyage est modelé du point de vue technique, si bien que lorsqu’un voyageur, troublé par le paysage en mouvement, se replie sur lui-même, il crée une imagerie individuelle qui se développe même au-delà du voyage en train (Pirandello).