Un monde qui s’agrandit.
Géographie sacrée et tourisme chamanique en terre des Indiens mazatèques (Sierra Madre Oriental, Mexique) - 2012
Magali Demanget

Extrait de : "Paysages du religieux (édition électronique)"
Sous la direction de Claudine VASSAS, 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010

Philippe Hameau, Sylvie Friedman, Magali Demanget, Carine Chavarochette, Karen Dutrech, Patrizia Ciambelli
Paris, éditions du CTHS
2012
p. 35-47
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dans les hautes terres mazatèques, la toponymie vernaculaire reconduit à la personnification de formes paysagères vivantes. L’environnement, tout en étant par ailleurs l’objet séculier de planification, se trouve en effet toujours investi, dès lors qu’il est question de maladie, comme le sujet d’un rapport social (Descola). Mais un sujet qui change et s’ajuste aux rapides transformations de la société mazatèque. En interrogeant l’ouverture du chamanisme au tourisme, nous montrerons que la guérison d’étrangers conduit les « gens de savoir » (« chota chine ») à re-classifier les lieux sacrés en relation avec un monde qui s’agrandit et qu’elle leur permet de redéfinir une géographie sacrée mouvante, scandée par une série d’oppositions topologiques. De ce point de vue, les oraisons chamaniques relèvent moins d’un discours sur l’espace, mais elles participent d’une pratique spatiale et de la production politique et religieuse d’une spatialité (H. Lefebvre).