À La recherche des sculpteurs français : « l’Histoire de la sculpture française » de Toussaint-Bernard Emeric-David
- 2012
Jean René Gaborit

Extrait de : "La biographie d'artistes (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique Poulot ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Françoise Gatouillat, Jean René Gaborit, Aude de Vogüé, Raphaëlle Baume, Laurence Danguy, Myriam Juan, Sandra Costa, Eva Bouillo, Laurence Machet, Michèle Pallier, Muriel Laharie, Frédérique Dubard de Gaillarbois

Paris, Éditions du CTHS
2012
p. 22-28
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Souvent mentionnée, mais rarement lue, l’Histoire de la Sculpture française de T.-B. Emeric-David (1755-1839) est considérée à juste titre comme le premier essai spécifiquement consacré à ce sujet. Peut-être en raison de la publication tardive de cet ouvrage sous une forme accessible (1853), on oublie parfois qu’il fut une réponse à la Storia della scultura... in Italia du comte Leopoldo Cicognara (1813), dont de nombreux passages dénigraient, non sans véhémence, les artistes français. L’ouvrage de Cicognara mettait tout particulièrement en valeur la personnalité et le rôle des sculpteurs italiens. Emeric-David s’efforça donc de dresser, lui aussi, une liste des sculpteurs français, depuis le haut Moyen Âge jusqu’à la période « moderne », pour bien montrer que la France avait eu, elle aussi, des artistes célèbres en leur temps. Son travail se fonde essentiellement sur le dépouillement des sources écrites alors publiées bien davantage que sur la connaissance des œuvres ou des monuments. Pour faire bonne mesure, il recense parmi les sculpteurs nombre d’orfèvres et même parfois des commanditaires. À la date où il écrit, les recherches dans les archives débutent à peine, de même que le recensement des « monuments historiques ».
En fait, ce livre fondateur n’exerça qu’une influence assez limitée. Pour les périodes antérieures au xvie siècle, les historiens d’art français cherchèrent moins, par la suite, à identifier des personnalités artistiques qu’à déterminer les tendances générales d’une évolution fondée sur la chronologie, et donc à minimiser, sans les nier totalement, le rôle et l’importance des individualités.