La nouvelle autobiographie d’un artiste longtemps méconnu : opicinus de canistris (1296 – vers 1353)
2012
Muriel Laharie

Extrait de : "La biographie d'artistes (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique Poulot ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Françoise Gatouillat, Jean René Gaborit, Aude de Vogüé, Raphaëlle Baume, Laurence Danguy, Myriam Juan, Sandra Costa, Eva Bouillo, Laurence Machet, Michèle Pallier, Muriel Laharie, Frédérique Dubard de Gaillarbois

Paris, Éditions du CTHS
2012
p. 115-133
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À une époque où l’autobiographie est peu répandue, la production écrite et dessinée d’Opicinus de Canistris (Bibliothèque apostolique vaticane, Vaticanus latinus 6435 et Palatinus latinus 1993) nous en propose deux. Celle de la planche P 20 du Palatinus latinus 1993 est connue depuis 1936, mais a été mal comprise par Richard Salomon. En revanche, celle qui émane du Vaticanus latinus 6435, récemment édité et traduit, est neuve. Pour l’interpréter, il convient de tenir compte de la maladie mentale dont souffrait son auteur (d’où la nécessité d’un travail interdisciplinaire) et de décoder son expression délirante. Elle nous indique les principales étapes de l’existence d’Opicinus : d’abord en Lombardie, où il passe une jeunesse agitée du fait des conflits entre guelfes et gibelins, devient prêtre (1320), commence à souffrir de troubles obsessionnels et commet un délit simoniaque qui lui vaut d’être excommunié (1328) et de fuir Pavie ; puis à la cour pontificale d’Avignon, où il essaie de refaire carrière, mais doit faire face à un procès qui lui cause tant de tourments qu’il verse dans la psychose (1334) et, se prenant désormais pour Dieu, commence une œuvre volumineuse et très originale qu’il poursuivra jusqu’à sa mort (vers 1353).