La « Vita » en clair-obscur de Benvenuto Cellini
2012
Frédérique Dubard de Gaillarbois

Extrait de : "La biographie d'artistes (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique Poulot ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Françoise Gatouillat, Jean René Gaborit, Aude de Vogüé, Raphaëlle Baume, Laurence Danguy, Myriam Juan, Sandra Costa, Eva Bouillo, Laurence Machet, Michèle Pallier, Muriel Laharie, Frédérique Dubard de Gaillarbois

Paris, Éditions du CTHS
2012
p. 134-149
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

On proposera une réflexion à deux niveaux. D'une part, on s'interrogera sur la pertinence des catégories célébrité/obscurité à une époque où la figure du « génie méconnu » est impensable. L'on s'interrogera, ensuite, sur la manière dont Cellini géra l'obscurcissement de certaines de ses œuvres (le « Persée » mal rétribué, le buste de Cosme 1er confiné à Portoferraio, le buste de Bindo Altoviti mal éclairé... ) et, plus spécifiquement, le rôle de l'écriture autobiographique dans la stratégie auto-célébrative de Cellini. La Vita « célèbre » des œuvres « obscurcies » (par l'inachèvement, la disparition, l'oubli ou l'insuccès).
D'autre part, Cellini apparaît comme un personnage en clair-obscur : avec ses zones d'ombre et ses heures de gloire. Le personnage semble le jouet de forces contraires : tantôt obscures, pulsionnelles, destructrices, infernales ; tantôt lumineuses, ambitieuses, créatives, spirituelles. L'attraction qu'exerce encore et toujours la Vita et/ou le personnage de Cellini tient sans doute à cette contradiction, de sorte que célébrité et obscurité peuvent apparaître comme l'avers et le revers d'une même médaille à l'instar de celles que forgea cet artiste-écrivain.