Indutias facere, indutias rumpere : de la notion de trêve à Rome sous la République et l’Empire
2012
Philippe Mauget

Extrait de : "Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques (édition électronique)"
Sous la direction d'Isabelle Chave
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Cécile Becchia, Jean-Paul Callède, Typhaine Cann, Catherine Chadefaud, François Clément, Christian C. Emig, Christiane Gachignard, Alexandra Gallo, Jean-Marcel Goger, Bruno Guérard, Pierre Larcher, Jérôme Louis, Élisabeth Malamut, Christophe Masson, Philippe Mauget, Jacques Puyaubert, Laurent Quisefit, Jean-François de Raymond, Stéphane Soupiron
Éditions du CTHS
2012
p. 77-86
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La trêve était une convention qui mettait fin aux hostilités pour une durée variable. Définie par Varron, puis par Aulu-Gelle, cette notion est très présente dans la littérature latine et de nombreux auteurs anciens décrivent le mécanisme de la trêve (indutiae) à Rome sous la République et l’Empire. Une position stratégique désespérée, le manque de ressources matérielles ou une fatigue générale de la guerre pouvaient inciter l’un des belligérants à demander une trêve. Son obtention permettait l’envoi d’ambassadeurs à Rome pour négocier un traité de paix, mais elle était également un moyen de gagner du temps ou d’appeler des renforts ou le prétexte à une réorganisation stratégique du vaincu. Passage obligé entre la guerre et la paix, la trêve expirée signifiait pourtant souvent une reprise des hostilités, parfois précipitée lorsque l’un des belligérants, par une rupture de la trêve, s’opposait aux lois de la guerre et au droit des nations.