Été 1940, la revanche médiatique des pacifistes : la « drôle de paix » comme antichambre de la collaboration
2012
Jacques Puyaubert

Extrait de : "Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques (édition électronique)"
Sous la direction d'Isabelle Chave
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Cécile Becchia, Jean-Paul Callède, Typhaine Cann, Catherine Chadefaud, François Clément, Christian C. Emig, Christiane Gachignard, Alexandra Gallo, Jean-Marcel Goger, Bruno Guérard, Pierre Larcher, Jérôme Louis, Élisabeth Malamut, Christophe Masson, Philippe Mauget, Jacques Puyaubert, Laurent Quisefit, Jean-François de Raymond, Stéphane Soupiron
Éditions du CTHS
2012
p. 99-110
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les discours tenus début juillet 1940 au Petit Casino de Vichy ont pour objectif de justifier les engagements stratégiques pris par Pétain à la suite de la défaite. Georges Bonnet, l’ancien titulaire du Quai d’Orsay, fait figure d’ultime rempart de la paix, image reprise et amplifiée par la presse vichyste ou ultracollaborationniste. Pendant « l’été 1940 », toute une vague médiatique fait porter au « bellicisme » de l’Angleterre l’entière responsabilité de la déroute française. En réalité, elle récuse le choix même de l’entrée en guerre fait par le cabinet Daladier en septembre 1939. Ces propos préparent l’opinion à accepter la « Nouvelle Europe » et annoncent le tournant de Montoire tout comme le procès de Riom. Une large fraction des pacifistes influents de l’Entre-deux-guerres s’est ainsi reconvertie en fourriers du régime de Vichy. La « drôle de paix » n’est qu’un leurre dans la guerre idéologique.