La péninsule de Corée, entre « paix armée » et « guerre endémique » : réflexion sur les définitions de paix et de guerre appliquées au cas coréen, de 1948 à nos jours
2012
Laurent Quisefit

Extrait de : "Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques (édition électronique)"
Sous la direction d'Isabelle Chave
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Cécile Becchia, Jean-Paul Callède, Typhaine Cann, Catherine Chadefaud, François Clément, Christian C. Emig, Christiane Gachignard, Alexandra Gallo, Jean-Marcel Goger, Bruno Guérard, Pierre Larcher, Jérôme Louis, Élisabeth Malamut, Christophe Masson, Philippe Mauget, Jacques Puyaubert, Laurent Quisefit, Jean-François de Raymond, Stéphane Soupiron
Éditions du CTHS
2012
p. 111-124
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Si la guerre de Corée (1950-1953) s’est achevée par le retour au statu quo ante, les deux Corée sont techniquement toujours en guerre. Cet état de « ni paix ni guerre » témoigne d’une « situation d’hostilité persistante » qui déroute souvent l’observateur. On appelle « seconde guerre de Corée » la succession de tensions qui scandent les relations entre les deux États coréens. Or, ces incidents sont meurtriers, comme en témoignent le torpillage d’une corvette sud-coréenne en mars 2010 et le bombardement d’une île en novembre. La tension présente indique-t-elle une montée des périls, née de conditions nouvelles, ou bien l’armistice de 1953 n’a-t-il créé qu’une trêve, ponctuée de tensions d’intensité variable ? Comment définir cet antagonisme persistant depuis soixante ans ? La mention d’un reliquat de la guerre froide reste impuissante à définir l’antagonisme intracoréen, historique, nationaliste, idéologique. La question semble donc résider dans une analyse des phases d’hostilité ou de coopération, reflétant un antagonisme persistant, mais d’intensité variable, corrélée à des facteurs endogènes comme exogènes.