Gouverneur royal ou chevalier croisé ? Boucicaut à Gênes : une administration intéressée
2012
Christophe Masson

Extrait de : "Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques (édition électronique)"
Sous la direction d'Isabelle Chave
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Cécile Becchia, Jean-Paul Callède, Typhaine Cann, Catherine Chadefaud, François Clément, Christian C. Emig, Christiane Gachignard, Alexandra Gallo, Jean-Marcel Goger, Bruno Guérard, Pierre Larcher, Jérôme Louis, Élisabeth Malamut, Christophe Masson, Philippe Mauget, Jacques Puyaubert, Laurent Quisefit, Jean-François de Raymond, Stéphane Soupiron
Éditions du CTHS
2012
p. 181-191
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En 1403, Jean II le Meingre dit Boucicaut, gouverneur royal de Gênes désigné par Charles VI, prend la mer pour l’Orient. Après avoir pacifié la république, il entre en guerre contre l’ennemi qui ne quittait jamais ses pensées : l’Infidèle. Pourtant, il sait que Venise, principale rivale de Gênes, n’entretient avec cette dernière qu’une paix de façade et se tient prête à reprendre les armes au moindre casus belli. Alors même qu’il n’ignore pas la puissance de la Sérénissime (l’une des sources indispensables à la connaissance de son gouvernement génois, Le Livre des fais le signale à l’envi), il va entrer en guerre, négligeant délibérément le fait qu’il tenait son pouvoir d’un roi dont il devait suivre la politique. Gênes est donc mise en danger par un gouverneur qui abandonne sa mission en faveur d’une guerre sainte pour laquelle l’union des princes chrétiens, qui avait déjà fait long feu à l’époque de Nicopolis, n’était plus indispensable.