Épaves et cénotaphes : le face-à-face
2012
Typhaine Cann

Extrait de : "Faire la guerre, faire la paix : approches sémantiques et ambiguïtés terminologiques (édition électronique)"
Sous la direction d'Isabelle Chave
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Cécile Becchia, Jean-Paul Callède, Typhaine Cann, Catherine Chadefaud, François Clément, Christian C. Emig, Christiane Gachignard, Alexandra Gallo, Jean-Marcel Goger, Bruno Guérard, Pierre Larcher, Jérôme Louis, Élisabeth Malamut, Christophe Masson, Philippe Mauget, Jacques Puyaubert, Laurent Quisefit, Jean-François de Raymond, Stéphane Soupiron
Éditions du CTHS
2012
p. 209-220
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Face à l’océan Atlantique, le cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu (Plougonvelin, Finistère – sauf précision contraire, les lieux et événements mentionnés dans cet article sont situés dans cette même commune) honore la mémoire des disparus en mer. Sous la surface, les marins morts au combat reposent paisiblement dans leur sarcophage d’acier. Lieux de recueillement sans cadavre, tombeaux sans visiteurs se renvoient comme un écho... Sans visiteurs, ou presque : les épaves reçoivent de plus en plus souvent la visite de plongeurs amateurs, attirés par la beauté du spectacle mais aussi par la charge émotionnelle des lieux. Tous ne sont pas férus d’histoire maritime locale, mais rares sont ceux qui restent de marbre face à la beauté sépulcrale des « messagères de l’histoire ». Valeur patrimoniale et valeur artistique s’entrelacent et font la force d’un vécu qui, bien que subjectif, donne le sentiment d’appartenir à un collectif. Cette réflexion transversale porte sur l’oubli, sur le deuil et sur sa représentation, mais aussi sur les rapports subtils entre art, mémoire, deuil et histoire.