Le faux monnayage hispanique au début du XVIIe siècle, une arme de guerre ?
2012
Olivier Caporossi

Extrait de : "Commerce et économie dans la guerre et la paix (édition électronique)"
Sous la direction de Jean Duma
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011

Jean Duma, Laure Gevertz, Olivier Caporossi, Robert Chamboredon, Christophe Gobert, Boris Deschanel, Nathalie Cabanas
Paris, Éditions du CTHS
2012
p. 15-23
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le faux monnayage hispanique est associé à la main de l’étranger (Hollandais, Français, Anglais) en temps de paix comme en temps de guerre. Il bouleverse la société en contestant la confiance et l’obéissance des sujets envers leur roi. En faussant l’exercice de la souveraineté monétaire et la notion de frontière, la monnaie contrefaite de l’ennemi apparaît comme une arme de guerre, fonctionnant aussi pendant les périodes de paix et se substituant aux combats militaires. Ainsi, de 1598 à 1635, les faux billons des Pyrénées françaises abreuvent l’Espagne. Ce statut guerrier des faux-monnayeurs influence la répression judiciaire au-delà du conflit lui-même. La guerre devient l’objectif des faux-monnayeurs quand ils prennent le visage de l’ennemi intérieur, main armée des puissances adverses faussement pacifiques (banquiers marranes liés à Amsterdam ou morisques accusés d’intelligence avec Henri IV) contre la paix des vieux chrétiens.