Paysage bagdadien médiéval : lectures d’une miniature
2013
Aya Sakkal

Extrait de : "Paysage et iconographie (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique Poulot ; 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010

Dominique Poulot, Aya Sakkal, Paul Fermon, Emilie Rawlinson, Viviane Huys, Christian Germanaz, Anne Jarrigeon, Julia Bonaccorsi
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 9 - 14
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À travers une miniature du xiiie siècle du peintre irakien Wâsitî intitulée Paysage rural bagdadien, l’étude s’attache à montrer que mis à part le propre génie inventif du peintre (création d’une scène de genre) la lecture du paysage représenté est orientée en fonction de l’imaginaire collectif, épistémè médiévale arabe provenant de sources diverses aussi bien esthétique, littéraire et géographique que religieuse et politique.
Ainsi les éléments de la nature, faune (chamelle blanche), flore (palmier) comme ceux d’artefact, monument (mosquée au style seldjukide), sont investis d’un sens autre, d’une dimension symbolique tendant tantôt à « islamiser », tantôt à « arabiser » et plus particulièrement à « irakiser » au maximum ce coin campagnard.
Ce paysage « façonné » serait en quelque sorte la transposition iconographique de l’imago mundi « sûrat al-ard » que les géographes arabes ont élaborée au ixe siècle en plaçant Bagdad, capitale politico-religieuse du califat Abbasside, au centre de l’œcoumène.