Du paysage peint aux territoires : l’avènement des représentations de l’espace en Provence à la fin du Moyen Âge
2013
Paul Fermon

Extrait de : "Paysage et iconographie (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique Poulot ; 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010

Dominique Poulot, Aya Sakkal, Paul Fermon, Emilie Rawlinson, Viviane Huys, Christian Germanaz, Anne Jarrigeon, Julia Bonaccorsi
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 15 - 30
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La vue du Rhône de Nicolas Dipre, conservée aux archives départementales du Vaucluse, est l'un des plus anciens plans manuscrits de Provence qui s’offrent encore à l’analyse de l’historien des représentations. Réalisée en 1514 afin de situer une île contestée, elle s’inscrit dans une période qui voit l’avènement du plan comme pièce justificative d'un genre nouveau dans les procès. Le paysage figuré devient en effet un outil de compréhension et de délimitation juridique des territorialités. Les archives comptables permettent de dater cet avènement, d’en préciser l’ampleur ainsi que les enjeux. L’utilisation de telles représentations figurées semble s’imposer pour l’étude des paysages anciens. Ces vues et ces plans appellent cependant un examen critique rigoureux. Il est indispensable d’identifier dans le résultat final la part des procédés techniques mis en œuvre par le peintre et le poids des perceptions contemporaines de l’espace. L’exemple du plan avignonnais est à cet égard éclairant. Peint et signé par un artiste de renom, il invite notamment à s’interroger sur le rapport entre l’art des primitifs provençaux et la conception de ces paysages figurés.