Rituels de paix au Proche-Orient à l’époque des croisades : intermédiaires et médiations
2012
Anne-Marie Eddé

Extrait de : "Médiation, paix et guerre au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Michel Sot
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Michel Balard, Daniel Chaubet, Franck Collard, Anne-Marie Eddé, Mathilde Hallot-Charmasson, Marion Foucher, Jean-Loup Lemaitre, Valérie Menès-Redorat, Marie Nikichine, Giulia Rossi Vairo, Vicent Royo Pérez, Kristjan Toomaspoeg
Éditions du CTHS
2012
p. 7-17
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Si, pour l’Occident médiéval, l’historiographie française a fait, depuis une trentaine d’années, de l’histoire des rituels l’un de ses sujets majeurs, pour l’Orient musulman, cette thématique n’a encore suscité qu’un intérêt limité. Pourtant, les sources arabes nous livrent des indications précieuses sur les gestes et les symboles qui accompagnaient les processus guerriers et pacifiques. Dans les relations entre Francs et musulmans aux XIIe- XIIIe siècles, sortir de la guerre pour entrer dans la paix (ou plus exactement dans la trêve) supposait l’ouverture de négociations qui pouvaient conduire à la rédaction d’un accord que les parties s’engageaient par serment à respecter.
Différents acteurs intervenaient tout au long de ce processus : les souverains, leur entourage, des ambassadeurs, des interprètes, des juristes et des secrétaires. On échangeait des missives, des rançons, parfois des cadeaux. Les accords étaient souvent mis par écrit et traduits, mais ils étaient rarement signés. La garantie de leur respect était le serment prêté de part et d’autre. Des hérauts annonçaient ensuite la bonne nouvelle, ce qui permettait à la vie sociale et économique de reprendre son cours.
Ces rituels étaient-ils fixés ou s’adaptaient-ils aux circonstances ? Comment et par qui étaient-ils définis, pratiqués ? Quelle était leur efficacité ? Quel rôle jouaient-ils dans la réconciliation ? Quelle perception avaient les uns et les autres des rituels de l’adversaire ? Les réponses à ces questions devraient permettre de mieux comprendre non seulement comment se déclenchait la guerre ou se construisait la paix, mais aussi l’importance accordée (ou refusée) à des vertus telles que l’honneur, le respect de la parole donnée, l’hospitalité, la tolérance.