Saints guerriers ou guerriers saints ? Les saints militaires à Byzance des origines à 1204
2012
Mathilde Hallot-Charmasson

Extrait de : "Médiation, paix et guerre au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Michel Sot
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Michel Balard, Daniel Chaubet, Franck Collard, Anne-Marie Eddé, Mathilde Hallot-Charmasson, Marion Foucher, Jean-Loup Lemaitre, Valérie Menès-Redorat, Marie Nikichine, Giulia Rossi Vairo, Vicent Royo Pérez, Kristjan Toomaspoeg
Éditions du CTHS
2012
p. 51-62
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les termes soldat et saint semblent de prime abord incompatibles. Le christianisme prêché par Jésus se présente en effet dès son origine comme une religion de paix, réprouvant la violence et l’usage des armes. Le bouleversement doctrinal qui, en Occident, fait passer l’Église de la non-violence des premiers temps à la guerre juste,puis à la guerre sainte, a été analysé à de nombreuses reprises. En revanche, l’intérêt pour la notion de guerre sainte à Byzance est plus récent, tant il est vrai que l’idée communément admise dans le monde des byzantinistes était, à la suite de Paul Lemerle, que les Grecs ne connaissaient pas cette notion et s’en étaient tenus à celle de guerre juste. Pourtant, la position de l’Église byzantine sur cette question n’est pas sans ambiguïté, et ce dès les origines, comme le montre de façon particulièrement claire l’étude des Vies des saints militaires orientaux. En effet, de nombreux soldats ont été canonisés durant la période byzantine. Leurs hagiographies témoignent d’une évolution lente qui, du IVe au XIIe siècle, aboutit à un rapprochement croissant de la figure du saint et de celle du guerrier et conduit à proposer aux fidèles un nouveau modèle de sainteté. Pour autant, on peut se demander si les figures des saints militaires, si elles sont bien celles de saints guerriers, sont celles de guerriers saints, qui doivent leur sainteté à leur condition de soldat.