Voltaire et le Proche-Orient des croisades
2012
Michel Balard

Extrait de : "Médiation, paix et guerre au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Michel Sot
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Michel Balard, Daniel Chaubet, Franck Collard, Anne-Marie Eddé, Mathilde Hallot-Charmasson, Marion Foucher, Jean-Loup Lemaitre, Valérie Menès-Redorat, Marie Nikichine, Giulia Rossi Vairo, Vicent Royo Pérez, Kristjan Toomaspoeg
Éditions du CTHS
2012
p. 87-94
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations paru en 1756, Voltaire consacre six gros chapitres à l’histoire des croisades, qu’il considère comme une manifestation de la « superstition », entendons par là le christianisme romain. L’étude en est précédée par des remarques sur Mahomet, le Coran et la religion musulmane, où est souligné tout ce que l’Occident doit au peuple arabe dans le domaine des sciences et des arts. Ignorant les ressorts spirituels de la croisade, Voltaire y voit une guerre de la chrétienté contre le « mahométisme » délibérément voulue par la papauté. Il accepte sans les critiquer les chiffres des combattants donnés par les chroniqueurs, décrit la personnalité des chefs de la première croisade et les méfaits des troupes, mais est beaucoup plus bref à propos des croisades des XIIe et XIIIe siècles, tout en soulignant les vertus de Louis IX. Pendant deux siècles, dit Voltaire, les croisades n’ont provoqué que ruines, intolérance et dévastations.