Entre guerre et paix : Edmond Michelet et la libération du camp de Dachau (29 avril-27 mai 1945)
2013
Hélène Say

Extrait de : "Sortir de la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Patricia Gillet
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Nolwenn Alary, Pierre-Marie Delpu, Élisabeth Dorier, Mathilde Joncheray, Sylvie Le Clech-Charton, Patrick Louvier, François Michel, Alexandre Niess, Roseline Salmon, Hélène Say
Éd. du CTHS
2013
p. 41-52
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Edmond Michelet, arrêté en février 1943 par la Gestapo à Brive-la-Gaillarde pour faits de résistance, est déporté à Dachau au mois de septembre suivant. Après que, le 19 avril 1945, le général Charles Delestraint eut été abattu d’une balle dans la nuque par les nazis, les déportés français se tournent vers Edmond Michelet pour représenter et coordonner leur groupe national au sein du camp. C’est à ce titre qu’il participe aux réunions du Comité international des déportés, constitué dès la libération du camp le 29 avril. Les procès-verbaux, rédigés en allemand et conservés aujourd’hui aux archives du camp, permettent de suivre les débats entre déportés ; ils reflètent très vite les tensions qui émergent entre nations encore officiellement alliées contre l’Allemagne nazie et déjà traversées par la fracture annoncée entre l’Europe atlantiste et la zone d’hégémonie soviétique. C’est au sein du comité qu’Edmond Michelet, véritable « député » des déportés français, entre en politique : au fil des jours, il traduit ses convictions de chrétien en propositions concrètes au service non pas seulement de ses compatriotes, mais plus largement de l’homme et de la liberté.