La neutralité du discours des juristes face à l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale
2013
Fatiha Cherfouh

Extrait de : "Les Savants, la Guerre et la Paix (édition électronique)"
Sous la direction de Simone Mazauric
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Robert Belot, Fabien Knittel, Christiane Demeulenaere-Douyère, Armelle Le Goff, Nadia Prévost Urkidi, Alain Coutelle, Jean-Paul Callède, Fatiha Cherfouh, Yves-François Le Coadic
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 68-80
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Influencés par le scientisme du XIXe siècle, plusieurs juristes souhaitent faire du droit une science et être qualifiés de scientifiques. L'accession à ce statut passe par l'exigence que le discours juridique soit neutre, débarrassé des oripeaux du jugement politique. Cet impératif devrait donc s'imposer lorsque les juristes français examinent des travaux allemands. Qu'en est-il particulièrement à partir de 1914 ? Les juristes peuvent-ils faire taire leur fibre patriotique, voire nationaliste, pour se livrer à un examen descriptif des travaux germaniques ? La réponse est positive pour une fraction majoritaire d'entre eux, qui réussit à se cantonner à des analyses strictement juridiques ou qui ciblent leurs attaques sur la science germanique. Toutefois, dans une minorité de cas, la neutralité du juriste n'est pas vraiment respectée, ce qui prend la forme d'une dénonciation de la « barbarie » allemande.