Bertrand du Guesclin et la guerre juste : traces et motifs d’une construction légendaire
2013
Thierry Lassabatère

Extrait de : "Écrire la guerre, écrire la paix (édition électronique)"
Sous la direction de Simone Mazauric
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Isabelle Guyot-Bachy, Thierry Lassabatère, Alain Marchandisse, Bertrand Schnerb, Jonathan Dumont, Laure Hennequin-Lecomte, Madeleine Souche, Arnaud Dhermy, Philippe Hameau, Michèle Virol, Regina Pozzi, Marie-France Badie, Luc Vincenti

2013
p. 18-28
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Petit noble, Bertrand du Guesclin n’avait pas vocation à décider de la guerre et de la paix. Du simple rôle d’exécutant d’une guerre ordonnée par d’autres, ses exploits finissent toutefois par hisser le héros au niveau des princes.
L’épisode de la « croisade » espagnole de Du Guesclin représente le point de bascule de sa carrière militaire, ou du moins de sa légende : aide d’un roi à la conquête de son royaume, c’est lui qui, progressivement, prend les décisions et assure la victoire ; et, au-delà de sa dimension d’autorité, c’est l’ensemble de l’éthique de la guerre juste (objet, cause, intention) que son « hagiographe » Cuvelier met en scène dans la geste de son héros.
Cette contribution essaie d’illustrer comment, dans un tel contexte, les actes de Du Guesclin s’insèrent dans une pratique de la guerre juste ; et comment la comparaison du discours de Cuvelier à d’autres sources contemporaines, notamment espagnoles (Ayala), révèle la construction d’une légende de Bertrand du Guesclin comme modèle et autorité de cette guerre juste.