La guerre d’Octavie de Berckheim a bien eu lieu : les paradoxes de la frontière rhénane pendant la Révolution et l’Empire
2013
Laure Hennequin-Lecomte

Extrait de : "Écrire la guerre, écrire la paix (édition électronique)"
Sous la direction de Simone Mazauric
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Isabelle Guyot-Bachy, Thierry Lassabatère, Alain Marchandisse, Bertrand Schnerb, Jonathan Dumont, Laure Hennequin-Lecomte, Madeleine Souche, Arnaud Dhermy, Philippe Hameau, Michèle Virol, Regina Pozzi, Marie-France Badie, Luc Vincenti

2013
p. 53-62
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Octavie de Berckheim est représentative des ambiguïtés de la guerre sur deux fronts. Son écriture diariste et épistolaire illustre la polysémie de la guerre, état intérieur et extérieur. La lutte intestine déchirant les citoyens français est perçue dans son journal comme fratricide, plus quam civilia bella, les ennemis du régime étant combattus par les révolutionnaires. Face à la radicalisation de la Terreur, elle traduit sa souffrance due à la guerre civile : « Mon cœur se partage entre les Français ». Dans la guerre externe, européenne, Octavie change de camp en devenant baronne de Stein : son pays d’origine se déchire avec son pays d’adoption. Elle vit le conflit entre la France et la Thuringe à l’instar de la tragédie, tentant de le résoudre par sa correspondance : « Je vis dans les Horaces ». Son passage de l’autre côté du miroir du Rhin inspire à Pfeffel un poème où il imagine la multiplication des mariages franco-allemands afin de réconcilier les deux peuples et leur permettre de faire la paix.