L’idéal de la paix et les réalités de la guerre à travers les graffiti de la prison de Brignoles
2013
Philippe Hameau

Extrait de : "Écrire la guerre, écrire la paix (édition électronique)"
Sous la direction de Simone Mazauric
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Isabelle Guyot-Bachy, Thierry Lassabatère, Alain Marchandisse, Bertrand Schnerb, Jonathan Dumont, Laure Hennequin-Lecomte, Madeleine Souche, Arnaud Dhermy, Philippe Hameau, Michèle Virol, Regina Pozzi, Marie-France Badie, Luc Vincenti

2013
p. 85-94
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La prison de Brignoles a fonctionné de 1840 à 1926 puis a été réutilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 1500 graffiti y ont été relevés, diversement datés quoique majoritairement des années 1940-1945, où transparaissent les aspirations de leurs auteurs. Ceux-ci sont des civils et des militaires, des Français et des étrangers, au gré de l’évolution du conflit. Certains graffiti expriment la situation personnelle du détenu pendant le temps de son incarcération tandis que d’autres se réfèrent à ses pérégrinations pendant le conflit en cours. Des marquages entretiennent le souvenir d’un passé apaisé tandis que d’autres imaginent déjà l’issue de la guerre. Les expressions du temps nous font distinguer un temps long de la paix et des mises en scène assez consensuelles et un temps court et scandé de la guerre aux évocations plus précises mais aussi plus rares. Par la décoration complète de sa cellule, le détenu Raymond Balestra résume ces variations dans un style tout à la fois réaliste et allégorique.