La paix, au-delà du politique
2013
Luc Vincenti

Extrait de : "Écrire la guerre, écrire la paix (édition électronique)"
Sous la direction de Simone Mazauric
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Isabelle Guyot-Bachy, Thierry Lassabatère, Alain Marchandisse, Bertrand Schnerb, Jonathan Dumont, Laure Hennequin-Lecomte, Madeleine Souche, Arnaud Dhermy, Philippe Hameau, Michèle Virol, Regina Pozzi, Marie-France Badie, Luc Vincenti

2013
p. 122-129
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Avec l’inversion foucaldienne de la formule de Clausewitz, la pensée contemporaine revient sur l’opposition de l’état civil et de l’état de guerre. Si l’état de guerre est ce moment qu’il faut absolument dépasser, le pacte social n’est-il pas un simple « cessez-le-feu » ? L’État ainsi défini peut-il faire autre chose qu’entériner les rapports de forces en les stabilisant ? Un droit qui se définit par la seule opposition à la force n’est-il pas simplement une force nouvelle ? Alors les simples opérations de police intra-étatique ne sont-elles pas à la limite des conflits de basse intensité ? De là s’ensuit une définition, pour beaucoup irrecevable, de la paix comme moindre guerre. À moins de prendre le renversement foucaldien au sérieux et d’admettre que le droit ne conduit pas à la paix, et ne soit qu’une modalité de la guerre. La paix que l’on espère est autre chose que le simple envers de la crainte, non pas la survie, non pas même une vie meilleure, mais la meilleure des vies.