Édifier et bâtir : contribution à une histoire politique des centres urbains en Europe et aux États-Unis à l’époque contemporaine
2013
Jean El Gammal

Extrait de : "Penser la composition urbaine (XVIIIe-XXe siècle) (édition électronique)"
Sous la direction de Louis Hincker
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012
Textes de Florence Bourillon, Paul Claval, Laurent Coudroy de Lille, Jean El Gammal, Federico Ferretti, Jean-Pierre Husson, Daniel Pinson, Jean-Luc Porhel, Benoît Romeyer, Cécile Souchon
2013
p. 107-117
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En termes politiques, lato sensu, la composition urbaine a revêtu plusieurs formes dans les centres urbains à l’époque contemporaine. À l’échelle de plusieurs pays européens et des États-Unis, une démarche comparative peut être esquissée en suivant un double parcours chronologique et thématique, en relation, tout d’abord, avec les héritages monumentaux et politiques, les centres et les lieux de pouvoir, jusqu’au temps des entreprises de type haussmannien. Ces dernières constituent en quelque sorte une transition avec le temps des modernités urbaines, caractérisées – sans que les paramètres monumentaux soient absents – par une plus grande attention aux paradigmes sociaux et à des conceptions d’ensemble qui relèvent de démarches parfois progressistes et, parfois, bien différemment dans l’entre-deux-guerres, d’initiatives totalitaires. L’après-guerre renoue avec des orientations progressistes avant que ne vienne le temps des réinterprétations, en fonction de thématiques patrimoniales, néolibérales ou en relation avec la notion de durabilité. C’est donc dans des champs très divers que s’inscrivent les compositions urbaines, dans le dessein non seulement de bâtir, mais d’édifier, y compris au sens figuré.