Les relations entre Grecs et Indiens à l’époque hellénistique : image de la guerre et de la paix
2013
Charles Guisset-Chinarro

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 7-13
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’étude de la représentation de la guerre et de la paix est nécessaire à la bonne compréhension des relations entretenues entre Grecs et Indiens, qui s’intensifient avec la conquête d’Alexandre. Les figurations iconographiques de la guerre sont multiples : monnaies d’Alexandre conquérant assimilées à Héraclès, ou bien monnaies du roi bactro-indien Ménandre revendiquant l’héritage macédonien en représentant l’Athéna Alkidémos de Pella. Les sources littéraires indiennes évoquent aussi la guerre, comme les Yugapurana ou la pièce de théâtre Malavikagnimitra qui relatent la guerre menée par le roi Ménandre contre le royaume indien çunga dans les années 150 av. J.-C. Après la guerre viennent la paix et ses représentations. Dans le domaine numismatique, on trouve les monnaies du roi Agathocle qui mettent en avant la figure civilisatrice de Dionysos assimilé à Shiva, ou qui montrent le couple Krishna-Balarâma. Dans le domaine littéraire, le livre bouddhiste Milindapañha dépeint Ménandre comme un roi philosophe pacifiste. Dans le domaine architectural, le pilier d’Héliodore scelle une nouvelle alliance avec le royaume çunga, après des années de tensions. On peut donc dire que les représentations de la guerre et de la paix entre Grecs et Indiens sont dictées par des impératifs idéologiques forts, qu’il est nécessaire d’étudier.