Les monuments commémoratifs de la guerre de 1870 en Alsace : enjeux de guerre ou de paix ?
2013
Marie-Noële Denis

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 43-52
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Après la guerre de 1870, les monuments commémoratifs, tant allemands que français, se sont multipliés en Alsace. Ils célèbrent généralement l’héroïsme militaire et patriotique des combattants, bien qu’il s’agisse, pour les uns, d’une victoire et, pour les autres, d’une défaite. En effet, les figures et symboles qu’ils représentent sont plus à dominante guerrière que funéraire ou religieuse. Dans une Alsace annexée, peu à peu résignée à son sort, les cérémonies qui les accompagnent, organisées par le Souvenir français, ne font qu’attiser les haines. Celles-ci se manifesteront avec violence pendant presque un siècle par la destruction d’un certain nombre d’entre eux, lors de l’arrivée des troupes françaises, en 1918, puis de l’annexion de fait par les nazis, en 1940. Après ce dernier épisode, les monuments, reconstruits ou restaurés, participeront de la réconciliation officielle entre les deux nations. Depuis quelques années, ils ont perdu leur charge symbolique et les seuls dommages qu’ils subissent relèvent du vandalisme ordinaire ou de l’oubli.