Conjurer et dénoncer la guerre : les monuments aux morts de Mazaugues (Var)
2013
‘Ada Acovitsióti-Hameau et Virginie Riou

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 101-112
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Modérément touché par les grands événements historiques, Mazaugues, petit village du Var, a toujours réagi à ceux-ci avec vigueur et conviction. Ainsi, les quatorze poilus tombés pendant la Grande Guerre sont à l’origine de trois monuments aux morts différents, qui révèlent des motivations et des émotivités diverses. Celles-ci vont du symbolisme et de la dignité dans la douleur au patriotisme teinté d’héroïsme et à l’indignation menant à l’insurrection. Fondés en l’espace d’une quinzaine d’années (de 1922 à 1936) et distribués entre l’église, le cimetière et la place publique face à l’hôtel de ville, ces monuments se distinguent par l’absence de représentations et d’inscriptions d’usage, mais aussi par la volonté de créer chez le spectateur le désarroi que cause la perte injuste de la vie. Le dernier en date, érigé au moment du succès du Front populaire, est une composition en ronde-bosse montrant l’absurde du champ de bataille. Ce monument est choisi pour les cérémonies. Il reçoit encore les visites des libres-penseurs, qui manifestent pour la paix en parallèle avec la commémoration officielle des guerres.