Expression du patriotisme colonial à Marie-Galante en 1919 : érection du premier monument aux morts de la Guadeloupe
2013
Franck Kacy

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 113-122
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Située entre la mer des Caraïbes et l’Atlantique, Marie-Galante est une des petites îles qui composent l’archipel de la Guadeloupe. Communément désignée comme une dépendance de cette dernière, elle se singularisait jusqu’alors par le profond isolement dans lequel elle semblait vivre. Pourtant, en 1914, une fois la mobilisation décrétée à la Guadeloupe, nombre de ses fils, comme beaucoup d’autres venus d’ailleurs, avaient, avec des fortunes diverses, pris part aux hostilités. Au bilan, pas moins de soixante-quatorze de ses ressortissants figurent parmi ces soldats « morts pour la France ». La période de l’après-guerre est marquée à la Guadeloupe – au-delà des autres fêtes patriotiques et manifestations commémoratives – par l’érection de nombreux monuments aux morts dans les différentes communes de l’île. Le premier de ces monuments fut inauguré le 19 octobre 1919 à Saint-Louis, petite commune de Marie-Galante. Comment comprendre l’érection de ce monument dédié aux soldats de la Grande Guerre au lendemain de la signature du traité de paix signé à Versailles, le 28 juin 1919, dans une île comme Marie-Galante frappée par l’isolement et l’éloignement ? Comment la population de la commune de Saint-Louis, et plus généralement celle de l’île, allait appréhender l’après-guerre et vivre son deuil ? Suels souvenirs allaient se forger et se perpétuer autour de ce premier monument aux morts ?